Depuis que nous nous connaissons, il y a trente ans (eh oui), Eloi m’a toujours invité à partager ses moments de création, et cela pour mon plus grand bonheur. Aussi, ce vendredi 15 août, ai-je franchi la porte de son studio avec curiosité et le sentiment d’être un peu privilégiée, comme deux de ses amis qui se reconnaitront et en qui il a la même confiance qu’en moi. Enfin, je le crois !
Tout cet été, Eloi a passé la plupart de ses journées dans son studio, pour composer les mélodies, puis construire peu à peu les délicates orchestrations de cette nouvelle pièce musicale.
C’est une commande du Musée des Beaux-Arts de Tournai. En décembre, son conservateur Julien Foucart sortira des réserves du musée toute la collection de statues. Une sorte de non-exposition, sans aucun jugement de valeur, sans thème particulier, ni choix d’époque et de taille. C’est donc une espèce d’inventaire des statues du musée. Et dès le départ, l’idée a été d’accompagner ce moment avec une pièce musicale d’une cinquantaine de minutes
Cette envie du conservateur est née le 15 juin dernier, alors que la fanfare détournée et son chef venaient jouer La Fanfunambule #5 au Musée des Beaux-Arts. Ni une, ni deux, le projet se met en place, la pièce se compose et Eloi lui donne le nom de Cortèges #1 .
Je l’ai imaginée un peu comme une histoire qui parle du temps qui passe pendant que ces statues ne bougent pas ! C’est une cheminement un peu lent, comme une procession, avec un côté déambulatoire pour les spectateurs, peut-être aussi pour une partie des musiciens…
La fanfare est composée d’un noyau dur de fidèles qui suivent Eloi dans toutes ses aventures musicales, aussi exigeantes ou farfelues soient-elles ! Mais de nouveaux instrumentistes et choristes peuvent rejoindre la fanfare à chaque démarrage d’un nouveau projet. C’est le cas pour Cortèges #1 dont les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 25 août. Une douzaine de répétitions sont programmées de septembre à décembre.
Globalement, ce sont des instruments de fanfare qui rejoignent les projets. `Mais on accueille les instruments à cordes, violoncelles, violons, guitares, les accordéons, toutes les percussions, une scie musicale et même d’autres instruments incongrus ! On a déjà accueilli une joueuse de casseroles…
Pour participer à un projet de La Fanfare détournée, il n’y a pas de niveau musical requis. La seule condition est d’être assidu et très concentré lors des répétitions de la fanfare.
Ma définition de la fanfare ne répond plus à celle du dictionnaire. J’utilise ce mot pour aller plus vite. Mais, en fait, La Fanfare détournée est plutôt un collectif de musiciens très hétéroclite en matière de pratique instrumentale, c’est-à-dire qu’il y a de très bons musiciens et des musiciens très débutants. Et, entre les deux, tous les cas de figure… mais avec une valeur humaine et de solidarité. Je pense qu’il y a de la place pour tout le monde chez nous humainement, et musicalement cela va sans le dire !
Cortèges #1. Pourquoi #1 ?
Imaginé pour un ensemble local, éphémère (quoique durable), ce projet est destiné à une création dont la date est déjà définie : le 6 décembre au Musée des Beaux-Arts de Tournai.
Mais il arrive souvent que les projets soient remontés par la suite dans d’autres contextes. Un nouvel appel à musicien.ne.s se fait alors ; de nouvelles répétitions ont lieu et la partition est retravaillée pour le nouveau corpus de musiciens et choristes.